Retrait des militaires burundais de la Somalie : Une décision dangereuse

C’est dans la désapprobation la plus totale que les élus du peuple et le gouvernement  ont réagi et continuent de réagir à la mesure unilatéralement prise par le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine,  de retirer  mille militaires du contingent burundais œuvrant activement au retour  de la paix, de la sécurité et de la stabilité en Somalie, dans le cadre de l’Amisom. Injuste et contraire aux principes de la Mission africaine en Somalie, la décision partialement prise par le Conseil de paix et de sécurité de l’Union  africaine a fait des heureux qui s’appellent Al-Chabab,  Boko Haram, Tribunaux islamiques et autres islamistes fondamentalistes qui prolifèrent  en Somalie, également  en proie  à une  forte piraterie  maritime tout aussi dangereuse pour sa paix, sa sécurité et sa stabilité.

Comment les fondamentalistes islamistes pouvaient ne pas s’en réjouir, sachant bien  que les militaires  burundais constituent  un  rempart  solide contre lequel viennent se briser les attaques répétées des  ennemis  de la paix et de la sécurité en Somalie ? Les milices d’Al-Shabab et autres islamistes radicaux appelés fous  de  Dieu ne pourraient  que s’en  réjouir davantage, si le retrait  de mille militaires burundais était  suivi du retrait  total et définitif du contingent  militaire burundais. Ce ne serait que fort dommage pour la Somalie dont le président Mohamed Abdullahi Mohamed, récemment en visite au Burundi a salué la bravoure,  l’engagement,  le panafricanisme et l’efficacité  des militaires burundais.  Fort  légitimes, les questions sont naturellement les suivantes : Comment  le Conseil de paix et de sécurité en est-elle arrivée là ?

Les détracteurs du peuple burundais, des institutions  démocratiquement  élues et du gouvernement qui en émane n’ont-ils pas joué un rôle  de taille, dans la malheureuse  décision qui ne fait que porter atteinte aux droits des Somaliens désireux de vivre dans la paix, la sécurité et la stabilité ?  La décision de retrait de mille  militaires burundais œuvrant en Somalie n’est-elle pas  synonyme  de déstabilisation au Burundi ? Pourquoi voudrait-on déstabiliser  le Burundi à propos duquel  toutes les délégations étrangères qui l’ont visité ont déclaré que : « le Burundi est un pays digne d’être soutenu si on tient compte de ses réalisations et de la paix qui est une réalité. Nous pouvons le témoigner par nos visites sur terrain ». Le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine aurait-il déjà oublié sa mission effectuée, du 22 au 25 juin 2016 au Burundi, mission à l’issue de laquelle il a noté les avancées positives réalisées en matière de paix et de sécurité ?

Avec la décision unilatéralement prise par le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, les interrogations ne peuvent donc pas manquer, concernant les motivations de cette injuste et partiale mesure. Pourquoi le Conseil de paix et de sécurité aurait-il porté une oreille attentive aux détracteurs de la paix et de la sécurité au Burundi ? Aurait-il déjà oublié la déclaration de soutien au Burundi faite par l’Union parlementaire africaine qui, à l’issue de sa visite les   22 et 23 mai 2018, a affirmé : « l’évolution positive de la situation politique, sociale et sécuritaire au Burundi devrait pousser l’Union européenne à lever les sanctions économiques imposées » ? Les détracteurs du peuple burundais auraient-il infiltré l’Union africaine ?          

Louis Kamwenubusa

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