Pourquoi les affiliés de la Mutuelle de la fonction publique se lamentent-ils souvent ?

Le mardi 22 janvier 2019, l’Assemblée nationale du Burundi s’est réunie en sa séance plénière pour analyser le rapport de la visite que la commission permanente chargée des affaires sociales, du genre, du rapatriement et de la lutte contre le Sida a effectuée dans tout le pays du 15 au 17 octobre 2018. Le but de la descente était de se rendre compte du fonctionnement de la Mutuelle de la fonction publique (MFP) et sa collaboration avec ses affiliés.

Dans ce rapport, le président de la commission permanente, Adol-phe Banyikwa, a indiqué que lors de la descente, les députés ont rencontré différents groupes de gens dont les affiliés de la MFP, les responsables provinciaux de la MFP, les médecins, les agents de la MFP, les pharmaciens qui collaborent avec la MFP ainsi que le directeur générale de la MFP.M. Banyikwa a signalé que chacun de ces groupes a émis des inquiétudes. Selon lui, les affiliées de la MFP se lamentent comme quoi ils sont mal accueillis par les agents de la Mutuelle et perdent trop de temps pour trouver les bons de la Mutuelle pour les ordonnances médicales, un manque criant des médicaments dans certaines pharmacies et le refus de la Mutuelle de payer pour ses affiliés certains médicaments, ne pas donner un médicament à son affilié et le donner à un non affilié qui paie cash, le fait que la Mutuelle dit qu’elle paie 80% pour les génériques et 70% pour les spécialités alors que ce n’est pas correct. L’exemple donné est celui d’un affilié de la Mutuelle qui a acheté un médicament appelé Kenacort qui coûte 11 000 FBu. A la pharmacie de la Mutuelle, celle-ci a seulement payé mille francs et l’affilié a supporté dix mille francs à la pharmacie de la Mutuelle. Ici, les députés ont demandé que la MFP respecte les contrats qui la lient à ses affiliés.

Les agents de la Mutuelle devraient assurer la garde

Dans ce rapport, la commission précise que les médecins, eux aussi se lamentent comme quoi la Mutuelle n’accepte pas de payer pour son affilié, un médicament qui coûte plus de 50 000 FBu ignorant que le médecin qui le lui a prescrit sait le pourquoi de la prescription. Elle signale que ces derniers s’insurgent aussi contre le changement des prescriptions des médicaments sans demander l’avis des médecins qui ont consulté les patients. Un autre défi qu’ils soulèvent est celui de la non concordance des heures de travail des agents de santé et de ceux de la Mutuelle, qui n’assurent pas la garde comme on le fait dans les structures de soins. Et qu’ils demandent enfin le droit sur les agents de la Mutuelle qui travaillent dans les structures de santé.A travers ce même rapport, les responsables provinciaux et les pharmaciens de la Mutuelle ne nient pas ce que disent les affiliés de la Mutuelle et les médecins. Mais ils s’expliquent en disant que, quand ils font une réquisition, la livraison traîne et fait qu’il y ait souvent des ruptures de stock. Et cela entraine aussi la perte de confiance pour les affiliés de la Mutuelle. 

La Mutuelle connaît de nombreux défis

Quant à la direction générale de la MFP, elle explique que la Mutuelle se heurte à tant de défis dans ses prestations. C’est le cas notamment de certains articles du code des marchés publics qui ne facilitent pas l’importation des médicaments par la Mutuelle car celle-ci n’a pas le droit d’importer les médicaments à partir des usines. C’est aussi le monopole de ceux qui gagnent souvent le marché d’approvisionnement des médicaments : Alchem et Multiphar qui sont en même temps grossistes et détaillants, ainsi que le retard de paiement des factures par les assurances. Au-dessus de tout, la Mutuelle pointe du doigt la perte occasionnée par les retraités anciens affiliés de l’INSS, des gens qui n’ont pas cotisé à la Mutuelle durant leur activité. Pour y faire face, la MFP demande la révision de certains articles du code des marchés publics, la révision de la loi régissant la MFP. Elle demande aussi le droit de s’approvisionner de l’extérieur et voudrait que les grossistes cessent d’être aussi détaillants. 

Eviter les ruptures de stocks

Dans ce rapport, M. Banyikwa a fait savoir que les affiliés de la Mutuelle demandent notamment à celle-ci de bien s’organiser pour éviter les ruptures de stock, que les agents de la Mutuelle fassent la garde comme ceux du secteur de la santé, multiplier les pharmacies et surtout à l’intérieur du pays, décentraliser les services de la MFP jusque dans les communes, permettre aux privés qui le souhaitent de collaborer avec elle, etc. Après analyse de ce rapport, l’assemblée nationale a demandé qu’il y ait un audit pour voir réellement pourquoi la Mutuelle ne parvient pas à satisfaire aux besoins de ses affiliés alors qu’elle dit souvent qu’elle a réalisé des bénéfices. Elle a incité qu’il y ait des médecins et aides-soignants partout où l’on en a besoin.Concernant l’accueil par les agents de la Mutuelle, les députés ont voulu savoir ce qu’on compte faire. Le ministre des Droits de la personne humaine, des affaires sociales et du genre, Martin Nivyabandi, a dit que, désormais, chaque agent portera un badge et sera côté selon ses performances et que tous les trois mois, celui qui aura enregistré de bonnes prestations plus que les autres sera primé. Il a aussi indiqué que celui qui sera mal accueilli pourra appeler au numéro vert 105.Pour plus d’éclaircissements sur les inquiétudes soulevées, les députés ont posé des questions au ministre Nivyabandi. Les réponses qu’il leur a données vous seront livrées dans notre prochaine édition.

Jean Bosco Nkunzimana, http://www.ppbdi.com

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