Le gouvernement burundais "n'a pas encore vu" une correspondance lui demandant le soutien de la candidature rwandaise

Le gouvernement burundais du président Pierre Nkurunziza "n'a pas encore vu" une correspondance du gouvernement rwandais du président Paul Kagame lui demandant le soutien à la candidature rwandaise à la tête de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), a déclaré vendredi Phillipe Nzobonariba, Secrétaire général du gouvernement et porte-parole du gouvernement.

M. Nzobonariba intervenait en langue nationale le kirundi au chef-lieu de la province de Bururi (sud) pendant l'émission publique des porte-paroles des ministères du gouvernement burundais.

La ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, candidate au poste de secrétaire générale de l'OIF au cours d'un sommet de la Francophonie prévu en octobre prochain en Arménie, a reçu le 23 mai dernier à l'Elysée le soutien du président français Emmanuel Macron à l'issue d'une rencontre de ce dernier avec le président rwandais Paul Kagame.

"Tout ce que je peux dire à ce sujet ; c'est que cette correspondance du chef d'Etat rwandais qui aurait été adressée à son excellence le président de la République du Burundi pour lui demander le soutien à la candidature rwandaise pour la direction du secrétariat général de l'OIF, n'a pas encore été vu par le gouvernement burundais du président Pierre Nkurunziza. Toutefois, qu'il y ait des rumeurs à ce sujet ; c'est tout à fait normal au regard des relations historiques entre les deux pays", a-t-il précisé.

Normalement, a-t-il fait remarquer, les relations entre le Rwanda et le Burundi "ne devraient souffrir d'aucune nuage" parce que directement frontaliers depuis plusieurs siècles.

"Cependant, il faudrait garder à l'esprit qu'en dépit de ce partage d'une frontière commune, les relations entre le gouvernement burundais et le gouvernement rwandais se sont détériorées au cours de ces dernières années notamment à cause de l'influence de certains pays colonisateurs qui ont voulu passer par le gouvernement rwandais, pour organiser des manœuvres politiques déstabilisatrices contre les hautes institutions burundais légalement établies", a-t-il souligné.

Malgré cette situation, a-t-il signalé en outre, le gouvernement burundais est "toujours disposé à accueillir favorablement" tout geste politique du gouvernement rwandais qui viendrait dans le sens d'enclencher un processus de "décrispation" des actuelles relations politiques bilatérales.

Signalons également que le Burundi et le Rwanda partagent également l'appartenance commune à la Communauté Est-Africaine (CEA), qui regroupe également le Kenya, la Tanzanie, l'Ouganda et le Soudan du Sud.

French.china.org.cn |  le 23-06-2018

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :