Un nouveau rapport onusien décrié à Bujumbura

Un nouveau rapport onusien décrié à Bujumbura

Pour énième fois le monde a observé une manifestation chaude dans la capitale burundaise. Le matin de samedi 17 mars 2018, la capitale burundaise était en ébullition. En effet, une marée humaine est descendue dans la rue pour manifester son ras-le-bol contre un nouveau rapport contenant des mensonges et contre- vérités, rendu public par une commission mise en place par l’ONU pour enquêter sur la situation des droits de l’homme au Burundi. La foule en effervescence s’était munie d’une banderole et des pancartes sur lesquelles, on pouvait lire des messages décriant les membres de ladite commission et hostiles à l’Union Européenne présentée comme cerveau de cette machination, même si celle-ci semble décliner la maternité du contenu : « Nous interpellons Doudou Diène et sa coéquipière Françoise Hampsom et certains burundais à la solde de l’étranger d’arrêter leurs conneries et que la mission qui leur est délivrée sur le Burundi est une mission impossible, car même leurs prédécesseurs de ladite commission ont opté pour la démission ».

Ici, les manifestants rappellent que les deux tiers des membres de cette commission sont nouveaux. Celui qui la dirigeait Fatsah OUGUERGOUZ a dû rendre le tablier en novembre 2017 et remplacé deux mois après, soit le 01 février 2018 par Reine Alapini Gansou qui a quitté la Cour Pénale Internationale (CPI) en décembre 2017, juste après le divorce du Burundi avec cette Cour. Le temps de la rosée? C'est le temps que Reine Alipini Gansou a passé la tête de cette commission, puisqu'elle s'est retrouvée devant l'intenable et a démissionnée. Gansou a été à son tour remplacée le 05 mars 2018.

Selon le maire de la ville de Bujumbura Freddy Mbonimpa, qui dans son discours de circonstance se dit désagréablement surpris et se pose la question de savoir quand , comment et où les enquêtes ont été menées pour arriver à une conclusion aussi méchante qui condamne sévèrement et gratuitement les autorités burundaises. Pour lui ce n’est ni moins ni plus qu’une machination qui n’a d’autres visées que le changement de régime en place au Burundi planifié depuis belle lurette. Sur une autre pancarte on lit : « Nous interpellons l’ONU à respecter la souveraineté du Burundi et de travailler en étroite collaboration avec notre pays pour mieux connaître la réalité sur le Burundi ». Ici, aussi comme l‘a souligné le maire de Bujumbura, on dénonce la mauvaise foi qui anime trois membres de cette commission mise en place par l’ONU mais jamais reconnue par le gouvernement burundais, car celle-ci ne pouvait pas commencer son travail sans l’aval de Bujumbura.

Pour Freddy Mbonimpa, il est inconcevable qu’une commission dont les membres n’ont jamais posé les pieds sur le sol burundais, pas plus qu’ils ne connaissent même pas la situation géographique des lieux dont ils parlent et osent mentir en disant que le chef de l’Etat burundais Pierre Nkurunziza et le parti au pouvoir mènent aujourd’hui, une campagne de terreur pour faire voter « OUI » lors du prochain référendum constitutionnel. « Qui ne voit guère n’a rien à dire aussi » dit-on. Le même rapport va jusqu’à affirmer que le projet de constitution a déjà été approuvé par toutes les deux chambres du parlement et le vote a eu lieu en date du 24 octobre 2017, ce qui n’est pas vrai. Ceci, parce que la constitution de la République du Burundi en vigueur en son article 298 donne pleins pouvoir au chef de l’Exécutif de demander la révision de la Constitution si besoin se fait sentir et la soumettre au référendum populaire sans l’aval du parlement.

Par ailleurs, la Charte des nations-Unies en son article 2.7, stipule qu’en aucun cas les Nations-Unies ne peuvent s’immiscer dans les affaires intérieures d’un pays membre. Et donc, pour le maire de la ville de Bujumbura, cet acharnement impitoyable contre le gouvernement burundais, cache mal la volonté de voir ce dernier tombé. D’autres mensonges que véhiculent les commissions des Nations-Unies sont en rapports avec le nombre de réfugiés qui ne change pas, par contre qui gonfle du jour au lendemain malgré un nombre considérable de rapatriés déjà enregistrés.

De façon générale et synthétique, les manifestants demandent au gouvernement du Burundi de réagir face à ce rapport. Au Secrétaire général des Nations-Unies, de ne pas considérer ce rapport plein de mensonges et qu’il sache qu’il est entouré de conseillers qui à mantes reprises ont tenté d’induire en erreur son prédécesseur. Aux pays africains et les grandes puissances, de faire attention et soutenir les Burundi dans toutes sessions de l’année 2018 pour ne pas prendre des résolutions sur base de montages. Aux pays qui hébergent les putschistes du 13 mai 2015 sous le coup d’un mandat d’arrêt, de les extrader vers le Burundi pour qu’ils soient jugés conformément à la loi afin de mettre fin à l’impunité.

Alain Désiré Karorero

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :