Les défis liés à la gestion des ressources minières

L’exploitation illégale cause des mécontentements à l’origine de différents conflits

L’exploitation des ressources minières dans la région des Grands lacs est un défi car, ces produits qui sont transfrontaliers nécessitent une attention particulière de tout un chacun. Des guerres et d’autres crises que connaît la région trouve souvent origine dans ce phénomène. Il faudrait harmoniser les lois en la matière pour le Burundi, le Rwanda et la RDC (République Démocratique du Congo) afin de banir les exploitations illégales qui se manifestent dans le secteur et surtout qu’elles seraient à l’origine de différents conflits dans la région.

Dans une interview  accordée à notre rédaction, le professeur Gilbert Midende parle de la nécessité d’une gestion rationnelle des ressources minières transfrontalières dans la région des Grands lacs pour prévenir certains conflits. Pour lui, certains situent le problème au niveau de l’exploitation, ce qui n’est pas du tout vrai. Car l’exploitation est un acte technique qui intervient après avoir géré tout au départ notamment les contrats, les lois et codes en la matière. Il est impératif de changer pour qu’il y ait une exploitation rationnelle.Pour prévenir les conflits qui naissent souvent, M. Midende dit qu’il faut une bonne gestion des ressources minières transfrontalières. Ces dernières sont l’Alfa et l’Omega des guerres que nous connaissons dans la région. Quand on parle de l’exploitation, ce n’est pas l’acte en soi mais les contrats, l’exploration, contrats signés, incidences sociologiques de l’acte, etc., a-t-il révélé.«A partir de ces éléments, nous voyons des guerres qui nous arrivent sans comprendre pourquoi, qui se terminent sans raisons valables, etc ;. on est ensemble, on vit les même défis, le monde nous voit à partir de ces ressources, d’où nous devons agir de la même manière pour arriver à l’exploitation rationnelle des ressources minières transfrontalières », ajoute le professeur Midende.Il a fait remarquer que d’autres défis sont liés à l’exploitation elle-même. De manière artisanale ou pas les ressources minières génèrent des revenus quand même. Et tant qu’il n’y a pas de lois claires en la matière et cela pour la région, les mécontentements surgiront toujours et ne manqueront pas de nous causer préjudice.

Quelles sont les pistes de solutions ?

Il faut faire comme les autres pays ont fait, poursuit M. Midende. Il faut formaliser les exploitations de différentes ressources minières transfrontlières. Que les exploitants le fassent légalement et cela ne sera possible que si les administrations publiques leur auront démontré qu’ils gagneraient plus s’ils travaillent dans la légalité. Mais, il faut des préalables. Notamment la bonne gouvernance à tous les niveaux, du sommet à la base jusqu’au chef de colline. Car, selon notre interlocuteur, si on ne prend pas garde, le secteur minier est un secteur qui peut être gangréné par la corruption. Une bonne répartition des produits issus de cette exploitation s’impose comme préalable. Il faut que même l’entité locale, l’artisan minier, le transporteur, le vendeur à la fin de la chaîne, y trouve profit.Gilbert Midende indique que pour réguler le commerce transfrontalier de ces produits miniers, il faut harmoniser les infrastructures bien que cela soit difficile. Si on va plus loin, il faut que les trois pays s’entendent car il y a à gagner pour tout le monde comme il y a à perdre pour tout le monde si les choses restent ainsi. Car, on n’a pas la paix quand son voisin ne l’a pas. Il faut s’organiser en tenant compte des réalités chez l’autre pour les trois pays. Chacun a besoin de l’autre pour se développer, sinon c’est un échec. Il y a des synergies qui s’imposent pour se développer. Il ne faut pas attendre que d’autres pays viennent nous montrer ces réalités sous peine de servir d’abord leurs intérêts au détriment des nôtres alors que la richesse nous appartient.

AMEDEE HABIMANA, http://www.ppbdi.com

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