L'OLUCOME demande à l'EAC de tout faire pour une solution négociée d'urgence

L'OLUCOME demande à l'EAC de tout faire pour une solution négociée d'urgence

COMMUNIQUE DE PRESSE  N° 003/OLUCOME/02/2018 PORTANT  SUR LA NECESSITE URGENTE DE CONTINUER LE  DIALOGUE INTER BURUNDAIS EXTERNE EN VUE  DE CONCLURE UN ACCORDADDITIONNEL A L’ACCORD D’ARUSHA POUR LA PAIX ET LA RECONCILIATION AU BURUNDI  

« L’East AfricanCommunity (EAC) et  les Nations Unies ,dans leurs réunions  respectives du 21au 23 et du 26 février 2018,   devraient prendre les mesures qui s’imposent pour qu’une solution négociée soit trouvée dans les meilleurs délais en vue d’une stabilisation politique et du développement durable  du Burundi, gage de la démocratie, de la gouvernance, de la transparence et de la satisfaction des besoins fondamentaux des burundais conformément aux pactes internationaux relatifs aux droits sociaux, économiques, culturels, civils et politiques. »

  1. Suiteà la retraite des Chefs d’Etats de l’EAC  qui débute aujourd’hui (le 21/02/2018)pour se clôturer le 23 février 2018 et à la réunion du conseil de sécurité des Nations unies prévue le 26 février 2018 au cours desquelles les questions du Burundi  seront analysées, l’Observatoire de Lutte contre la Corruption et les Malversations Economiques (OLUCOME) pense quedes  mesures qui s’imposent devraient être prises pour qu’une solution négociée soit trouvée dans les meilleurs délais en vue d’une stabilisation politique et du développement durable  du Burundi, gage de la démocratie, de la transparence, de la gouvernance et de la satisfaction des besoins fondamentaux des burundais. Ces derniers ne savent pas actuellement  sur quel pied danser  à cause de la misère extrême   et des  maladies qui les menacent selon le plan de réponse humanitaire 2018  que  OCHA, l’organisation humanitaire de l’ONU en collaboration avec le  Gouvernement du Burundi vient de lancer ce 20 février 2018 à Bujumbura.

  2. La lecture de la situation du Burundi par l’OLUCOME est  que les préoccupations de certains   dirigeants actuels et de certains politiciens sont loin de celles de la population burundaise. Certains  politiciens plus particulièrement les dirigeants  actuels sont préoccupés les uns comment ils peuvent à tout prix accéder au pouvoiret les autres comment ils peuvent se maintenir au pouvoirpar tous les moyens. Pour ce faire, certains  dirigeants en place ont tout fait pour que la constitution burundaise soit amandée spécialement en ses articles relatifs à la limitation et  au nombre de mandats présidentielsdans le but de planifier comment ils vont continuer à s’accaparer de la richesse du pays au détriment de la population qui se trouve dans l’extrême pauvreté, terrorisée  et  manipulée. Tout cela en violation de  l’accord d’ARUSHA qui interdit à tout Président de la République de dépasser deux mandats présidentiels de 5 ans  chacun . Il sied de rappeler que cette décision d’amender la constitution d’une façon unilatérale incombe au Gouvernement car il a pris la décisionde commencer le processus d’amendement de la Constitution sans avoir fait des  consultations avec tous les partenaires électoraux  en n’ignorant  le  dialogue inter burundais externe encours dirigé par l’EAC.

  3. Au lieu de régler la crise politique actuelle  qui a comme cause les intérêts personnels pour avoir des financements des partenaires techniques et financiers,  la plupart des  autorités du moment se préoccupent de comment trouver des financements internes lesquels financements ne suivent pas  aucune loi en matière de finances publiques. En dehors de la loi du budget général de l’Etat,  les autorités du niveau central, provincial et communal fixent comme elles l’entendent des contributions de construction des stades, des parkings, des permanences du parti au pouvoir, … et celles des élections de 2020 sans tenir compte d’innombrables  impôts et taxes prévus dans la loi de finances et  de l’extrême pauvreté de la population burundaise.

  4. Cette contribution illégale  des élections de 2020est demandée  à une même personne 5 fois.  En effet, la population paie cette contribution à travers le paiement des impôts et taxes qui financent la rubrique sur les élections dans le budget général de l’Etat (une somme de  plus de 25 milliards de Fbu a été prévue dans  les lois budgétaires de 2013, 2017 et 2018). En second lieu, le Gouvernement effectue le retrait à la source de cette contribution sur les salaires des fonctionnaires. En troisième lieu, les Ministères et autres structures obligent à ces mêmes  fonctionnaires de contribuer une autre somme d’argent supplémentaire pour les élections de 2020. En quatrième lieu, ces mêmes fonctionnaires paient cette contribution à leurs enfants en âge de voter comme l’exige  l’ordonnance y relative. Enfin, les ménages dont ressortissent ces mêmes fonctionnaires donnent une contribution par ménage. Cette contribution injuste  viole la Constitution en son  article 70 alinéa 4 qui stipule que « L’Etat peut proclamer la solidarité de tous devant les charges qui résultent des calamités naturelles et nationales » Sur ce, il faut que le Gouvernement burundais  explique quand et  comment les élections au Burundi sont devenues de la calamité naturelle.Autrement dit, les préoccupations des dirigeants actuels sont principalement celles d’amender  la constitution pour s’éterniser au pouvoir et continuer à s’accaparer de la richesse nationale par les voies illégales au détriment des burundais qui vivent une pauvreté sans nom.

  5. Cependant, les préoccupations de la population burundaise diffèrent catégoriquement de celles de certains  politiciens et plus particulièrement des  autorités actuelles. Le citoyen burundais veut que ses besoins fondamentaux (se nourrir, se vêtir, se loger, se faire soigner) soient satisfaits. Il veut que l’administration publique lui offre un service sans aucune demande de corruption. De même, il veut que les indicateurs macro-économiques soient maitrisés pour que sa vie soit prospère. Aujourd’hui, le taux de dépréciation de la monnaie burundaise est de 63,5% par rapport à l’année de 2015 car un dollar américain s’achète à 2780 Fbu alors qu’il s’achetait à 1700 Fbu en 2015. Par conséquent, l’inflation a fortement augmenté, passant de 5,6 % en décembre 2016 à 18 % au début de décembre 2017 selon la Banque Mondiale.Raison pour laquelle les produits sensibles comme les produits pétroliers sont rares sur le territoire du Burundi faute de devises. Depuis 2015 à ce jour,  l’indice de développement humain du PNUD  classe le Burundi le 184ème  sur 186 pays évalués.   

D’après la Banque Mondiale, le taux de croissance économique par rapport au Produit Intérieur Brut (PIB) est presque nul alors qu’en 2014  il était de 4, 7% et le taux de chômage est de 65%. Par voie de conséquence, le Burundi se trouve actuellement  parmi les deux  pays les plus pauvres du monde avec un revenu par habitant et par an de  moins de 300 USD selon le Fonds Monétaire International (FMI).

  1. En se basant sur les rapports du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) de 2017 et 2018, le nombre des personnes dans le besoin au Burundi est passé de 3 millions en 2017 à 3,6 millions  en 2018 soit un accroissement de 20%. Pour cette année, 2,4 millions de personnes connaissent une vulnérabilité à haut risque de passer dans une phase aggravée si elles ne sont pas supportées. Des besoins importants de cette population burundaise, pour cette année, persistent dans les domaines de la nutrition, de la sécurité alimentaire, des abris, de l’éducation, de la santé, de l’accès à l’eau, ...selon ce même rapport d’OCHA.C’est pourquoi le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) en collaboration avec le Gouvernement du Burundi vient de lancer en date du 20 février 2018 « un plan de réponse humanitaire 2018 » faisant face à ces besoins ci-hauts évoqués et qui demande un financement de 141,8 millions de dollars américains contre 73,7 millions de dollars américains en 2017.

  2. Contrairement aux discours de propagande politique de certaines autorités burundaises, ce plan de réponse humanitaire 2018 prouve que les burundais se trouvent dans une situation très malheureuse par rapport au dernier trimestre de 2016 et àl’année de 2017 où 5 000 personnes étaient mortessuite à ces problèmes d’insécurité alimentaire, de famine et de l’épidémie de la malaria selon le rapport d’OCHA.Bien plus, ce plan  prouve à suffisance d’une part à quel degré la population burundaise souffre alors que ses dirigeants l’ignorent en leur exigeant de donner d’énormes contributions et d’autre part des vraies préoccupations des citoyens burundais.  La population prône entre autrepour que les principes de la bonne gouvernance et de transparence  soient respectés alors que les autorités cherchent à tout prix de les contourner. Signalons que l’étude du  Centre d’alerte et de prévention de conflit (CENAP) montre que suite à cette divergence, plus de 70 % de jeunes ne veulent pas adhérer dans les formations politiques.

  3. L’une des  preuves de cette divergence entre les préoccupations des citoyens et celles des autorités actuelles et de certains  politiciens relève du contenu même des débats  des politiciens dans les médias qui n’évoque presque jamais les préoccupations de la population notamment les questions de l’extrêmepauvreté, de la redistribution des ressources, de l’efficacité de l’administration, de la corruption généralisée au plus haut sommet de l’Etat, de la transparence, de la gouvernance, du développement économique durable, de l’exiguïté de la terre, du taux de fécondité  … Pour l’OLUCOME, si il y a des violations des droits de la 1ère génération c’est parce que les principes et les droits socio-économiques ci-haut évoqués ne sont pas respectés par les dirigeants. A cet effet, l’OLUCOME met au grand jour  cette divergence pour interpeller les hauts représentants  qui siègeront au cours de la session du Conseil de sécurité sur le Burundi en date du 26/02/2018 et les Chefs d’Etats qui prendront part au Sommet de l’EAC du 21 au 23/02/2018 en Ouganda (au cours duquel le Facilitateur dans la crise burundaise Son Excellence William Benjamin Mkapa présentera le rapport de la quatrième session des pourparlers inter burundais externes) de s’en servir pour mettre en avant les préoccupations de la population burundaise pauvre et de se rendre compte que les principes universels sont respectés notamment les principes contenus dans les pactes internationaux relatifs aux droits sociaux, économiques, civils,  politiques et culturels.

  4. Considérant cet égoïsme à outrance de certaines  autorités actuelles et des préoccupations de certains  politiciens qui sont opposées à celles des citoyens burundais, l’OLUCOME suggère  ce qui suit :

 

Aux Nations Unies et à l’Union Africaine :

  1. Prendre les mesures nécessaires pour que le dialogue inter burundais externe puisse continuer et  en cas de boycott d’une partie quelconque au dialogue, prendre des mesures conséquentes à cette dernière ;

  2. Prendre toutes les mesures qui s’imposent pour qu’une solution  urgente et négociée soit trouvée à la crise burundaise actuelle ;

 

A l’ East African Community (EAC):

 

  1. Poursuivre la médiation dans les pourparlers inter burundais externes et continuer ce dialogue à partir du stade où il en est afin que ces pourparlers soient clôturés dans les meilleurs délais ;

  2. Prendre toutes les mesures qui s’imposent pour qu’une solution urgente et  négociée soit trouvée à la crise burundaise actuelle ;

  3. Exiger au Gouvernement du Burundi en place de reporter le processus du référendum de la Constitution burundaise en attendant que les conclusions des pourparlers inter burundais externes s’y prononcent ;

  4. Exiger au Gouvernement du Burundi en place d’arrêter la collecte anarchique et forcée ou le versement des contributions illégales  des élections de 2020 en cours car il s’agit d’un vol organisé ;

 

Aux garants  et consignateursde l’accord d’Arusha pour la paix et la réconciliation au Burundi  notamment l’Ouganda (Initiative  régionale des négociations), la République unie de  Tanzanie (le médiateur en premier lieu), l’Afrique du Sud (le médiateur en 2ième lieu), le Kenya,  les Nations Unies, l’Union Africaine, l’union Européenne……. :

  1. Se souvenir qu’ils ont une responsabilité morale d’agir et de protéger l’accord d’Arusha pour la Paix et la réconciliation au Burundi ;

 

Au Gouvernement du Burundi :

    1. Faire de tout son possible pour que les besoins de la population exprimés dans le plan de réponse humanitaire 2018 lancé par le Gouvernement du Burundi en collaboration avec OCHA trouvent des solutions durables ;

    2. Participer dans les pourparlers inter burundais externes afin de trouver des solutions durables à la crise actuelle au Burundi ;

Aux politiciens burundais :

  1. Se réunir et faire un débat  autour des principes de la démocratie, de la gouvernance, de la transparence ainsi que des projets et programmes renfermant les vraies préoccupations de la population au lieu de se réunir pour seulement  raffiner  les stratégies pour certains de se maintenir à tout prix au pouvoir et pour d’autres  d’y accéder sans mettre en avant les préoccupations des burundais se trouvant dans la  pauvreté extrême.

 

Vive la solidarité internationale, vive le Burundi sans les dirigeants corrompus, vive les leaders politiques visionnaires


 

Fait à Bujumbura, le 21/02/2018

Pour l’OLUCOME

Gabriel RUFYIRI

Président

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